Après une nuit tourmentée, à angoisser sur le scénario non prêt de Conte Jaune et sur les préparatifs tout aussi non prêts de Conte Rouge, je me lance dès le lever dans l’écriture de CJ. Puis je vais acheter des cassettes mini-dv. Sur le chemin j’appelle le père Vincent, pour lui proposer de jouer un court rôle. Il est partant comme d’habitude. Il ne me manque donc plus que deux acteurs à trouver dont l’acteur principal. Sur le chemin du retour je pense à un ami , Nicolas, pour le second petit rôle (le réparateur d’ordi vu sur ce blog il y a quelques jours…) Je n’ai pas encore eut le temps de le lui proposer mais comme le rôle concerne une scène de pipe il devrait être Ok (il ne sait pas qu’il en sera empêché avant de commencer). Ouf, normalement plus qu’un.
Je reviens chez moi, je me constitue le costume de Marco et il est déjà midi. Mon frère arrive. On mange rapidement et après on discute du tournage du jour. Je répète avec lui les scènes du Marco puis nous partons en ville. Comme je suis habillé en Marco les gens me regardent bizarrement mais je m’en fous.
Sur le chemin il me parle pour la première dois de son ancien collègue de travail, Guillaume, qui lui avait dit il y a de cela plusieurs mois, que si j’avais besoin de lui pour un rôle il était partant. Je m’arrête donc. Je ferme les yeux. J’imagine Guillaume dans le rôle de Guy. Déjà ils ont un point commun dans le nom. Et puis Guillaume a une certaine douceur et un air un peu innocent qui correspondrait tout à fait au personnage de Guy. Comme on n’est pas très loin, on se rend au magasin où il travaille. Juste une cliente sur le point de partir au moment où on arrive. Parfait ! Je peux entrer aussitôt dans le vif du sujet. En deux phrases Guillaume est d’accord. Excellent ! Si rien ne bouge j’ai enfin tout mon casting.
Benjamin et moi repartons aussi chez Marie. On a rrive ½ heure plus tôt que prévu pour préparer le tournage avant l’arrivée de Naoko et Marie n’a pas eut mon message car je m’escrime comme un con à appeler sur son ancien portable alors qu’elle m’a déjà dit plusieurs fois qu’elle avait changé de numéro. Mais bon comme Marie est cool, elle me pardonne après m’avoir fait lui baiser la main en me mettant à genoux.
A 15h Naoko arrive et c’est parti ! Elle me déballe tous vêtements qu’elle a trouvé qui pourrait faire prostituée, et je présente aussi ceux que moi j’ai trouvé dans ma garde robe personnelle (la décence m’empêche de dire leur réelle origine). Au vue des photos de cet article vous serez d’accord que l’on a pas fait semblant de l’habiller en prostituée. On commence par tourner une scène où elle se regarde dans le miroir (scène classique dans mes films et que vous retrouverez dans tous les contes, même pour le vampire…) puis une autre scène où Naoko est censée rentrer dans son appartement, le visage défait, le maquillage ayant coulé, les cheveux dans tous les sens. C’est évidemment ce moment que choisissent des voisins pour passer dans le couloir et croisent donc une pute complètement éclatée. En plus, comme j’avais prévu le coup, je filme discrètement cette étrange rencontre.
Petite pause dans le récit. Le téléphone vient de sonner à l’instant. C’était l’ami Nico qui m’appelait. J’en ai donc profité pour lui parler du rôle et c’est d’accord ! C’est ce qu’on appelle les joies du directe !
Revenons maintenant dans l’appartement de Marie. J’avais initialement prévu de faire entrer Marco en scène aujourd’hui, mais finalement comme Naoko est en tenue j’ai décidé de tourner une autre scène assez complexe. Vite tous à
la Marie-Cave !
Dans la cave on ne croise personne. Heureusement parce qu’entre la prostituée et le personnage masqué il y avait de quoi en traumatiser plus d’un. Sous le masque Benjamin qui n’y voit strictement rien. Du coup quand on est chanceux il marche tout droit et la prise est bonne, ou alors il bute dans tous les murs et il faut tout recommencer. Quant à Naoko elle se couche par terre dans la saleté sans rechigner une seule seconde, elle me refait la scène dix fois, elle pleure à s’en dissoudre les yeux autant de fois que je le lui demande… Je suis bluffé ! Travailler avec quelqu’un d’aussi douée, juste, perfectionniste dans le détail et qui ne fait aucun caprice même quand elle finit avec le visage d’un garagiste tant elle a traîné dans la crasse c’est vraiment le rêve.
Comme vous en jugerez avec cette photo le lieu était extrêmement exigu ce qui fait que pour tourner ce n’était pas forcément très simple. J’ai du innover par rapport à ce que j’avais prévu. Je voulais faire un plan clin d’œil à Alien 3 lorsque le monsre se penche sur Ripley et approche son visage à quelques centimètres d’elle mais là impossible de le faire. Pas grave. J’en ai d’autres tout aussi intéressants.
La scène est dans la boite. La pauvre Naoko peut enfin se décrasser le visage avant de s’en retourner pour le service du soir au Santooka (très bon restaurant japonais que je vous recommande). Et comme Marie, en plus de nous prêter son appartement, de faire l’assistante et d’être super patiente est une fille en or, elle nous a fait un gâteau au chocolat salvateur après ces heures de travail, donc elle aussi je vous la recommande…
Le prochain rendez-vous est pris pour jeudi même heure (car on doit travailler entre les deux services de Naoko). Je rentre chez moi où ma femme a travailler aussi de son côté à choisir le futur papier peint de notre appartement et me propose divers arrangements possibles. Le retour au monde du concrêt est rude et je mets 5 bonnes minutes à avoir l’esprit réellement disponible, mais une fois la phase de transition passée pas de problèmes. Pourquoi je vous parle de ça ? Qu’est-ce que vous en avez à foutre de mes histoires de papier-peint ? C’est juste pour vous montrer comment il faut la plupart du temps sauté d’un univers à un autre, d’une réalité à une autre, sans que l’esprit n’y soit préparé.
Maintenant c’est dérushage, écriture de Blog, ça j’arrive à sa fin, et maintenant qu’il est 22h passée je vais me mettre au montage. Et demain… papier-peint ! Et merde…
Pour la vidéo du jour, pour rester dans le thème fiction-réalité voici la BA du film Stranger than fiction qui part sur un scénario que j'avais commencé à écrire. Depuis quand Hollywood a les clés de ma caboche et se permet de s'y servir sans mon autorisation ?
Stranger than fiction
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