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On the road...

Dimanche 15 janvier 2006

 (Devinez où je suis ?...)

 Alors pourquoi ce blog et quels sont ses buts ? Mais tout d'abord je me dois de me présenter à vous qui, je l'espère, allez suivre mes "aventures" au cours des prochains mois. Top c'est parti. Je m'appelle Guillaume Tauveron, je suis originaire du pays des pneus, de l'eau minérale et de l'avarice et qui se nomme l'Auvergne pour des raisons que mon coeur ignore, et j'y persiste et j'y signe (comme on y dit par chez nous) puisque j'y vis encore actuellement. Mes passions sont l'art sous toutes ses formes et toutes les formes tant qu'elles sont gracieuses, et comme je suis de ces romantiques incensés qui ne peuvent diviser leur vie de leur passion, je fais tout pour en vivre (de mes passions... est-ce que vous suivez ?). Mais plus que tout j'aime le cinéma, la vidéo et la réalisation. Voici le premier point qui nous intéresse dans ce blog. Pour vous présenter brièvement mes états de service, j'ai réalisé jusqu'ici cinq courts-métrages et un petit documentaire qui m'amène au second point. Ce second point est, vous l'aurez deviné, le Japon. Pourquoi ? Oui mais pourquoi pas ? Disons que cela s'est imposé logiquement et simplement. A la recherche d'un style d'histoire différentes je suis tombé dans les mangas quand j'étais petit, qui m'ont amené au cinéma japonais (Kurosawa, Kitano, Imamura, Okamoto, Tsukamoto, Miike, Suzuki... et je m'excuse auprès de tous les autres que je n'ai pas la place de citer) qui m'a amené à la littérature japonaise (Kawabata, Mishima, Murakami, Banana, Yoshikawa...) qui m'a amené à l'histoire du Japon, à l'étude de la culture, à apprendre la langue, à épouser une japonaise... Et comment vivre de deux passions sans faire de jalouse ? Tout simplement en les unissant. C'est ainsi que j'ai d'ores et déjà réalisé un court-métrage entièrement en japonais, ainsi qu'un petit documentaire sur le Japon. Ces deux films sont téléchargeables sur mon site dont l'adresse sera divulgée plus bas.

 (Putain c'est X-or !)

  Mais maintenant je souhaite aller plus en avant dans ma compréhension du peuple japonais et pour cela j'ai décidé de réaliser un long documentaire (52 min) basé non pas sur la société japonaise mais sur les japonais en tant qu'individus. Et nous arrivons enfin aux buts de ce blog. Tout premièrement, vous faire part de toutes les étapes de la création de ce documentaire : de l'idée, à la recherche de budget, à la documentation, à la réalisation, au montage... tout jusqu'à sa diffusion. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la réalisation d'un documentaire sans jamais avoir osé le demander, sachant que j'apprendrais en même temps que vous puisque moi même je marche sur des sentiers inconnus, puisque ce sera mon premier long documentaire professionnel. Le second but est de vous faire mieux connaître le Japon. Je ne veux pas me placer en tant qu'expert du Japon, mais disons que je souhaite partager avec vous les connaissances que j'ai accumulés, et qui vont s'enrichir au fil des mois, sur ce pays relativement complexe. C'est donc un long chemin plein d'expériences qui va nous lier et qui nous assure de son lots de surprises, bonnes et mauvaises. Il s'agit d'une véritable aventure, que je considère plus excitante que tout réality show décérébré, et qui j'espère vous plaira. Merci donc de m'accompagner.
Guillaume Tauveron
http://www.guillaumetauveron.com

Par Guillaume Tauveron
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Dimanche 15 janvier 2006

  Je m'arrête en plein sprint pour vous faire un point sur la situation, paraphrasant ainsi mon propre titre. Tout d'abord non il ne s'agit pas d'un nouveau super héros haut en couleurs, simplement d'un français courant dans les montagne du Japon et ayant pris les vêtements qui lui tombait sous la main. Vous avez donc la magnifique casquette orange fluo que mon beau-père réserve pour ses compétitions de golf, le superbe marcel bleu cerclé de rouge datant des années 70 importés de France, et enfin des jambes fuselées mais poilues. Qu'est-ce cela à voir avec le documentaire ? Rien. Alors passons aux choses sérieuses.
  Faire un documentaire sur les japonais, l'idée est bien belle, la réaliser par contre est difficile. Tout d'abord l'intérêt d'un documentaire est qu'il soit vu, donc qu'il soit diffusé. Cela représente la dernière étape concrète mais cela représente pourtant le premier point sur lequel se pencher. Trouver un futur distributeur. J'ai eut la "chance" au travers de mes démarches de rencontrer un producteur à la fois sympathiques et peu frileux sur la conception de nouveaux projets. Son aide se ferait à de multiples niveaux. Tout d'abord (enfin tout dernièrement) diffuser le documentaire à la télévision lorsque celui-ci sera réalisé. Ensuite une aide à la production mais que l'on a pas encore défini. Ensuite avec son soutien comme société de production, j'espère obtenir une bourse d'aide à l'écriture du CNC qui me permettrait d'avoir une petite somme d'argent pour ne pas trop me soucier des choses matérielles et ainsi me concentrer sur mon documentaire. Et enfin son aide entre en compte pour le point suivant.

 (avec mon ami le Tengu)

  Même si quelqu'un souhaite diffuser le film il faut encore le réaliser. Et cela a un coût assez conséquent, surtout quand il s'agit du Japon. Il faut aller là-bas, payer un logement, payer les déplacements, la nourriture... Il faut donc rechercher l'aide de bourses et de subventions. J'ai trouvé l'aide parfaite, idéale et miraculeuse. Il s'agit de la Villa Kujoyama qui se trouve dans la montagne au-dessus de Kyoto. Cette villa appartient au gouvernement français, et chaque année une quinzaine d'artistes y sont envoyés pour réaliser un projet en rapport avec le Japon. Les projets peuvent aller de l'écriture d'un roman à la musique, en passant par l'audiovisuel et la chorégraphie... Obtenir une bourse pour cette villa implique que le voyage est payé, que l'on est logé, et que l'on a une subvention pour réaliser son projet. Disons que n'ai jamais rien espéré plus que de pouvoir vivre dans les montagnes du Japon pour me consacrer à la fois à la compréhension du Japon et pour travailler artistiquement. Je vous le dis tout de suite, je n'ai pas encore de réponse. Je viens d'envoyer le dossier de candidature et la réponse ne viendra malheureusement que vers Avril ou Mai. Un des points importants pour le dossier est d'avoir le soutien de structures et de professionnels. C'est pour ça que j'espère que le soutien de la société de production qui accompagne ce projet fera pencher la balance de mon côté. De plus (et cela nécessitera peut-être un chapitre entier) je travaille avec un ami japonais, Hiroshi TODA, qui est réalisateur, et qui m'a assuré de me fournir toute l'aide nécessaire pour ce documentaire. Non seulement il me fournira le matériel (caméra, station de montage...) mais m'aidera aussi dans mes recherches de sujets intéressants. Sa lettre ainsi que celle de son producteur ont été jointes au dossier, et j'espère qu'elles porteront leurs fruits. Je croise les doigts pour pouvoir partir dans cette villa car cela serait les conditions idéales pour réaliser ce documentaire.

 (avec mon ami Taguchisan et un farfadet à chapeau blanc)

  Sinon il existe aussi une bourse attribuée par la Fondation France Japonaise Sasakawa que je souhaite tenter. Mais si malgré tout je n'obtenais qu'une lettre pour me remercier de ma candidature tout en s'excusant de ne pas y faire suite, je partirais tout de même au Japon. Car au niveau de logement pas de problèmes, j'ai des connaissances dans une dizaine de villes différentes du Japon, dont principalement mes beaux-parents à Tokyo et le réalisateur Hiroshi Toda à Kyoto. Pour le reste je prendrais un job à mi-temps pour gagner de quoi vivoter et tourner parallèllement mon documentaire. Puisqu'il s'agit de mieux comprendre les japonais vivre et travailler aux côtés d'eux ne serait que bénéfique.  Je pense que quand on veut vraiment faire quelque chose on peut toujours y arriver. Dans bien des cas, quand on y parvient pas c'est parce que la volonté ou les efforts ne suivent pas. Je pense que je dois faire ce documentaire, il sera donc réalisé, quelle que soit la façon sans que cela soit au détriment de la qualité.
  Mais pour le moment je suis en stand by et j'attends les réponses. Je passe donc pas mal de temps à travailler le japonais, car il faudra que je sois en mesure de mener les interviews tout seul et de tout comprendre, je lis tout ce que je peux trouver sur le Japon (je vous ferais d'ailleurs peut-être profiter de mon guide de lectures un de ces blogs...), et je commence à rechercher des contacts. Et bien sûr à côté de celà je continue à chercher des fonds pour d'autres projets de courts-métrages ou à en réaliser avec les moyens du bord. Dans cette course effreinée qu'est la vie, jamais de pause, hormis pour vos beaux yeux, toujours en sprint...

+ d'éléments sur http://www.guillaumetauveron.com

Par Guillaume Tauveron
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Dimanche 15 janvier 2006

  Tout d'abord qui est Monsieur Toda ? C'est un réalisateur indépendant japonais d'une cinquantaine d'année. Son travail principal est celui de gérant d'une clinique psychiatrique mais à côté de cela, passionné de cinéma depuis toujours mais freiné par son père, il a toujours réalisé des films et a jusqu'ici une quinzaine d'oeuvres à son actif. Tous ses films sont tournés soit en 8mm pour les plus anciens, soit en numérique pour les nouveaux, ce qui donne une grande sensibilité de l'instant à ses films. Jusqu'ici il exerçait sa passion surtout comme un loisir mais depuis trois ou quatre ans il compte vraiment se faire un nom.
  J'ai rencontré Hiroshi Toda au festival Asiexpo à Lyon en Novembre 2004. Je travaillais comme bénévole pour le festival, et ma principale mission était de m'occuper des invités : aller les chercher à l'aéroport, leur faire visiter la ville, les divertir, leur trouver des p... Monsieur Toda était venu pour présenter un de ses films, Snow in Spring, qui a d'ailleurs reçu le troisième public à la fin du festival. J'avais aussi présenter un court-métrage pour le festival : Tenshi to Akuma, et qui avait été diffusé au milieu d'une vingtaine d'autres courts-métrages japonais, coréens, chinois, indiens... Bref. J'ai passé deux jours avec Hiroshi Toda ainsi qu'avec son producteur Kengo Nishimoto, tout en étant accompagné par ma femme, Yuka Ishizu, qui s'occupait de faire l'interprète. 
 


  Il est difficile d'expliquer pourquoi nous nous sommes très vite liés Monsieur Toda et moi. Sans doute parce que nous partageons tous les deux une certaine vision d'un cinéma nouveau. Mais souvent au hasard des rencontres, un lien se crée puis s'estompe aussitôt qu'on se tourne le dos. Or au lendemain du festival je partais pour le Japon (et ceci n'est pas une expression car le festival finissait le 14 Novembre vers minuit, et je décollais pour le Japon le 15 Novembre vers midi) où je me rendais pour la première fois. Et au bout de quelques temps là-bas, j'ai revu Monsieur Toda et nous avons cimenté les bases de notre amitié très gestuelle, puisque lui ne parle ni anglais ni français et qu'à l'époque mon niveau de japonais n'était pas suffisant (et ne l'est pas assez encore aujourd'hui). A tel point que je l'ai invité, ainsi que monsieur Nishimoto, à venir à mon mariage au Japon en Avril 2005 et lui ai demandé de faire un discours. Car au Japon, les mariages sont ponctuées de nombreux discours présentant les jeunes mariés. Et si Yuka avait évidemment sa famille ou ses amis qui la connaissaient suffisament pour parler d'elle, ce n'était pas mon cas. Pour moi si une personne connaissait assez bien à la fois mon travail et ce que j'avais au fond de moi c'était bien Hiroshi Toda. Et c'est d'ailleurs durant son discours que j'ai appris qu'il prévoyait que l'on collabore ensemble.
  Quelques jours plus tard il m'a expliqué de quoi il s'agissait. Le travail qu'il m'a confié est (car toujours actuel) de m'occuper de sa communication et d'aider à le faire connaître en France. Je lui ai donc créé un site web : http://www.skeletonfilms.com , créé des affiches et des bandes-annonces pour ses films, envoyé ses films dans des festivals, contacter des distributeurs... Mon rôle est un peu celui de "producteur" (titre qu'ils m'ont donné et qui ne veut pas dire grand chose ici) car je représente monsieur Toda, parle en son nom et fait sa promotion, et puis j'ai aussi droit de donner mon opinion sur les films de monsieur Toda et de proposer des éléments à enlever ou rajouter. Bien sûr au final c'est monsieur Toda qui choisit, je ne fais que conseiller.

  Récemment NHK (chaine national japonaise) a souhaité faire un documentaire sur Monsieur Toda. Pour ses besoins ils m'ont demandé de m'auto-interviewer au sujet de monsieur Toda et de me filmer pour l'inclure au documentaire. Ils m'ont pressé pour avoir la cassette début décembre, car ils voulaient diffuser une version courte du documentaire (environ 10 minutes) à l'échelle régionale, mais ces salopiauds m'ont fait sauter au montage, ce qui est normal quand on pense que mon interview dure 3 minutes. Mais normalement je devrais être réintégré à la version finale qui sera diffusé vers le mois d'Avril.
  Voila quelle était jusqu'ici notre collaboration. Récemment nous avons franchi une nouvelle étape. Nous avons convenu que j'allais écrire un scénario et qu'il le réaliserait. J'espère d'ailleurs lui servir d'assistant-réalisateur à ce moment-là. Il est aussi question que je joue dans un de ses films, et peut-être est-ce que ce sera l'occasion de faire une pierre deux coups. Et de mon côté j'aimerais d'une part faire jouer Monsieur Toda dans un de mes films, et aussi réaliser un documentaire sur lui pour pouvoir le diffuser en France. J'aimerais d'ailleurs réaliser ce documentaire en parallèle de l'autre sur les l'identité japonaise, car comme je passerais sûrement pas mal de temps avec monsieur Toda pour cela, autant en profiter. Je ferais aussi part de l'avancée de ces projets dans ce blog.

Par Guillaume Tauveron
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Lundi 16 janvier 2006

  La vie va tellement vite parfois que l'on a du mal à suivre le mouvement. Hier je me voyais faire le rat de bibliothèque à étudier Japon, Japonais et japonais (non je ne bafouille pas) de façon théorique du fin fon de mon Auvergne natale, et aujourd'hui je suis en train de préparer mon départ pour le Japon qui aura lieu dans moins de quinze jours. Quelle folie l'a donc pris vous direz vous ? Difficile à expliquer. Je base mon travail autant sur une stratégie à long terme que sur l'intuition. Et là il est temps que je m'envole ! Mon travail dans les mois à venir est principalement d'augmenter mon niveau de japonais, de me documenter sur le Japon, et de rechercher des contacts.  Imaginez la différence d'efficacité et de rapidité  entre effectuer ce travail à Clermont-Ferrand ou au Japon. Je pense que les résultats en seront décuplés. Et puis il n'y a pas que ça. Le réalisateur Hiroshi Toda, apprenant que j'allais venir, m'a demandé de venir pour une période suffisament conséquente pour que l'on puisse réaliser un film ensemble. Et comme c'est moi qui suis censé apporter le scénario, j'aime autant vous dire que je vais devoir cravacher durant les 15 jours à venir (mais comme j'ai des tendances masochistes cela me réjouit). Surtout que ce départ précipité à une conséquence. Je dois prévoir tout ce que je ne pourrais pas faire du Japon pour les deux ou trois mois à venir. Ce qui signifie envoyer mes films, et ceux de monsieur Toda, dans tous les festivals dont la deadline d'envoi est avant Mai. Il me faut également remplir deux dossiers de demande de bourse pour des courts-métrages, et deux autres dossiers pour mon documentaire au Japon.

  Mais d'ailleurs pourquoi ne pas le tourner maintenant me direz-vous ? (Allez, demandez-le moi ne soyez pas timides...) Parce que le temps n'est pas encore venu. Il me faut accumuler beaucoup plus d'éléments et de connaissances pour me lancer dans la réalisation de ce documentaire. Par contre je compte, en plus du film avec Monsieur Toda, réaliser un documentaire de 26 minutes sur Hiroshi Toda, plus un autre documentaire sur un sujet de société japonaise que le manque de temps ne m'a pas permis encore de trouver. C'est à dire qu'au gré de mes recherches et de mes déambulations, je compte emmener avec moi ma petite caméra DV et filmer sur le vif. Je pense me tourner pour cette fois plutôt vers les jeunes et la culture pop que je connais finalement beaucoup moins bien que le côté traditionnel. J'ai aussi un très bon ami au Japon qui est acteur et avec qui l'on s'est toujours promis de faire un film ensemble. Donc si j'ai le temps j'aimerais pouvoir tourner un court-métrage avec lui.
  Bon cela fait beaucoup de choses, et il est certain que je ne pourrais certainement pas tout accomplir, surtout que j'aimerais qui plus est réaliser un book photo, mais le mot d'ordre de ce voyage est épanouissement général : que ce soit de ma maitrise de la langue japonaise, aux techniques et à la sensibilité de ma réalisation... Le tout est de mener chaque projet à bien, est de bien le faire. Et pas de doutes que cela sera fait.

Par Guillaume Tauveron
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Mardi 17 janvier 2006
  Hier j’ai été inondé par une pluie de bonne nouvelles, dressant après-coup un arc-en-ciel de quiétude et de sentiments irisés. Il ne s’agit pourtant pas d’éléments qui vont bouleverser ma vie, mais c’est l’assurance d’avoir fait les bon choix et d’avoir travaillé efficacement.    

  Première nouvelle. Tenshi to Akuma, un de mes courts-métrages tourné en japonais, devrait être diffusé durant le festival de cinéma asiatique de Tours début Avril. Je reviendrais d’ailleurs du Japon pour l’occasion, ramenant dans mes valises Hiroshi Toda , dont le film Snow in Spring a été également sélectionné. Ce sera la 5è fois que Tenshi to Akuma sera diffusé dans un festival, sans compter sa prochaine diffusion en Chine à Pékin pour un rendez-vous mensuel de films français. Ce qui est étonnant est que jusqu’ici c’est le court-métrage qui a eut le plus de succès alors que j’y ai passé le moins de temps. Le mot d’ordre pour ce court était de tout minimaliser au maximum. Au final une seule actrice (mais trois personnages) un seul lieu, une demi-journée de tournage, et moi seul pour occuper tous les différents postes. Et il faut croire que le résultat marche puisque la moitié des personnes (peu physionomistes je vous l’accorde) ont cru qu’il y avait deux actrices différentes. Bon, OK j’ai piqué la musique à Moussorgsky sans lui demander les droits mais comme il était Modeste, il n’y a pas de problème, surtout que tant que je ne gagne pas d’argent avec, je ne suis pas en tort, enfin il me semble…

  Seconde nouvelle. J’ai reçu un mail d’un festival de cinéma asiatique d’Amsterdam, qui souhaite diffuser Nihon, mon court documentaire sur le Japon. Ce qui m’a surpris est que, à l’inverse du festival de Tours, je ne leur ai pas envoyé mon court-métrage. Peut-être l’ont-ils vu lors du festival Asiexpo où il a été projet dernièrement… Quoi qu’il en soit ils souhaitent que je le leur envoi et il est évident que je ne vais pas les décevoir. Mais pourquoi se contenter de ça ? Dans la foulée je leur ai proposé Tenshi to Akuma, ainsi que, en bon producteur et communiquant, les films de Hiroshi Toda . Ils sont évidemment partants pour les voir. Je mets tout de même un bémol à cela, car j’avais déjà été contacté par un festival qui avait vu un de mes courts-métrages et m’avait demandé de le leur envoyer, pour finalement ne pas le diffuser. Ah ben bravo !

  Troisième nouvelle, JMVidéo, un des plus grands vidéos-clubs de France, dont je vous donnerais les coordonnées plus tard, a eut la bonne initiative de créer un espace location de court-métrage et ce gratuitement si tant est que vous le rameniez dans les 24 heures et que vous soyez membres. Je leur avais proposé mes courts-métrages et leur avait donné le lien de mon site pour les visionner à l’avance. Et comme ça leur a plustucru (promis je ne referais plustucru !... Putain je viens de perdre la moitié de mon lectorat...) je vais leur envoyer tous mes courts-métrages, que vous pourrez louer si tant est que vous habitiez Paris. Quel intérêt pour moi ? Tout simplement de partager mes créations avec le plus de personnes possibles et de recueillir des opinions. C’est un métier où l’on est forcé de se forger un nom, et le soutien du public est primordial pour cela… Voici les coordonnées :

JM Vidéo SARL -121 avenue Parmentier - 75011 PARIS - 01 43 57 21 49 - www.jmvideo.fr

 Tous les films sont téléchargeables ici : http://www.guillaumetauveron.com/cinema.htm 

Par Guillaume Tauveron
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Samedi 21 janvier 2006
  Comme les préparatifs avant-départ me bouffent tout mon temps pas d'avancée au niveau des projets. Le scénario du film que je suis censé tourner avec Hiroshi Toda est à peine ébauché faute de temps, et j'ai hâte d'avoir fini toutes mes obligations pour pouvoir m'y mettre à fond. En attendant je vais profiter du fait que trois autres de mes courts-métrages viennent d'être sélectionnés pour la seconde édition du festival Les Chroniques du Ridikul (qui comme son nom l'indique est un festival de courts humoristiques) pour vous présenter ces trois courts. A noter que ces trois films seront édités sur le DVD Chroniques du Ridikul N°2.

  Ne nous marrons pas... est un premier essai. Il s'agissait au départ d'un travail intégré à une formation en communication visuelle que je suivais. Il fallait trouver une idée pour un court d'une minute, à réaliser en une après-midi, dans les tout petits locaux du centre de formation et sans accessoires. .. Pas simple. Au final c'est con mais ça fonctionne plutôt bien. Jusqu'ici il n'avait été diffusé qu'au festival Etang d'Arts en 2005. Il devrait être également projeté en Chine à Pekin lors d'un rendez-vous mensuel de cinéma français mais le projet à l'air d'être en stand-by...

  Raoul est pour moi mon premier court-métrage puisque c'est le premier où j'étais complètement en solo et non encadré par une structure. Je l'ai réalisé à l'époque où je préparais le tournage de Katremille Cinsenvintedeu, qui était mon Gros Projet, et que je devais réaliser deux mois plus tard. Je m'étais fait la juste réflexion que de me lancer dans un tournage d'une semaine en ayant à mon actif que l'expérience de Ne nous marrons pas... risquait de me porter défaut. J'ai donc décidé de faire un court sans prétention qui me servirait surtout à tester différentes techniques de réalisation. Avec un copain de Lyon, où j'habitais à l'époque, qui s'est occupé de filmer, on a tourné le film en deux-trois soirs (les plans du début avec ma femme ont été tournées quelques semaines plus tard). Si quelqu'un était arrivé lorsque j'étais dans le local à poubelle en caleçon et marcel, tenant Raoul dans mes bras avec son sac plastique sur la tête, tandis que David me filmait, il se serait certainement dit que la perversion n'a pas de limites... Ce court aussi n'avait été diffusé jusqu'ici qu'au festival Etang d'Arts en 2005. Je pense que c'est en grande partie la faute à mon choix musicale, où j'avais pillé sans vergogne Sepultura, Queen, Rammstein et Moussorgsky. J'envisage une version avec une bande originale mais les autres morceaux correspondent tellement que ça me fait mal au coeur.


   Quelle est cette chose vous demandez-vous ? Désolé c'est moi ! Comme pour cause de double mariage (au Japon et en France) et pour d'autres raisons, je n'avais pas eut le temps de réaliser de fictions en 2005, j'ai décidé de remonter à cheval dès le début de l'année 2006. Un festival recherchait des cours de moins d'une minute (générique compris) sur le thème du silence, et en même temps j'avais eut connaissance du festival Chronique de ridicule. J'ai donc tout mélangé, fait un Blougi Blouga avec et ça a donné ça. Et ça va être diffusé sur grand écran ! Je n'arrive pas à le croire. A priori je serais au Japon lors du festival Chroniques du Ridikul mais j'aimerais tout de même bien y assister pour voir les réactions du public...
  Si jamais vous qui me lisez passez par Poitiers le 31 Mars, merci de vous arrêter au festival et de m'en faire un compte-rendu qui ne sera pas payé ou alors seulement en billets à l'éfigie de Sarkozy utilisables dans tous toilettes qui se respectent.

Tous les films sont téléchargeables ici : http://www.guillaumetauveron.com/cinema.htm 
Site Des Chroniques du Ridikul : http://www.megalowprods.com/ 

Par Guillaume Tauveron
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Lundi 23 janvier 2006

Plus qu'une semaine avant le départ au Japon. Nouvelle étape franchie vers le documentaire dont il est tout de même question dans ce blog. Je viens de finir aujourd'hui de rédiger un dossier que je vais me permettre de cloner sans aucun soucis éthique et d'envoyer dans deux directions différentes.

 

   Première destination. La Fondation Franco Japonaise Sasakawa. Chaque année cette association fourni un certain nombre de subventions à des projets qui ont pour but d’élargir les échanges culturels entre la France et le Japon. Je ne demande justement rien d’autres que de permettre aux français et aux japonais de mieux se comprendre et de mieux se connaître. Comme la villa Kujoyama, la réponse tombera en Avril ou Mai. Il faut encore s’armer de patience.

  Seconde destination, siège de NHK à Paris. Je les ai contactés en fin de semaine dernière et j’ai obtenu un rendez-vous la veille de mon départ au Japon. Il était très important que je puisse les voir avant de partir, au cas où ils me conseillent de contacter et de rencontrer tel ou tel membres de NHK travaillant au Japon. Le dossier leur présentera donc mon projet ainsi que son alter-ego futur qui vise à réaliser un documentaire sur la France pour la télévision japonaise. Le but visé est évidemment une co-production franco-japonaise.

 

   C’étaient les deux dernières étapes vers la demande d’aide pour la réalisation proprement dites. Maintenant il me faut encore remplir un dossier pour demander une Bourse d’aide à l’écriture au CNC. Ah que de paperasse ! Mais c’est un passage obligatoire et il faut avouer que cela permet de structurer le projet. 

  Je vous transmet aujourd’hui les liens vers l’association gérant les bourses pour la villa Kujoyama située au Japon mais également pour d’autres centres de recherches situés dans d’autres pays :

http://www.afaa.asso.fr

Le lien vers la Fondation Sasakawa  :
http://www.fond-fr-jap-sasakawa.org/f_present.html

Et enfin le lien vers les diverses aides du CNC : http://www.cnc.fr/c_telech/fr_c2.htm

Par Guillaume Tauveron
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Samedi 28 janvier 2006
 Je ne décolle que mardi matin (enfin si Alitalia a cessé de s'amuser à annuler plus d'une centaine de vols par jours) mais comme je pars dès demain sur Paris, je n'aurais pas l'occasion d'écrire avant mon arrivée au Japon.

  Avant de retrouver les toits étroits de Tôkyô je fais un petit point sur la situation.
  Tout d'abord sur ce Blog, qui initialement devait traiter uniquement du documentaire sur le Japon. J'ai décidé d'élargir ses horizons à tout ce qui concerne la réalisation et le Japon. J'ai fait un pari, celui de devenir réalisateur et celui de travailler en étroite collaboration avec le Japon. Cette profession de foi je l'ai totalement embrassé il y a environ deux ans mais y pensait depuis bien plus longtemps. Aujourd'hui si je me retourne sur le chemin que j'ai parcouru jusqu'ici, je dois reconnaître que j'ai avancé de façon relativement droite vis à vis des buts que je m'étais fixés et que j'ai tout de même fait un petit bout de chemin. Mais pour être objectif jusqu'au bout, le point de départ ne me semble malheureusement pas si éloigné que ça et quand je regarde vers l'avant je ne vois pas la moindre ombre de la ligne d'arrivée, ce qui est normal puisqu'il n'y a aucun but ultime. Il s'agit juste du travail d'une vie cherchant à suivre une certaine direction de façon la plus régulière possible. Vais-je réussir ou me casser la gueule ? C'est le web-réalité en direct. Il y a environ 5 ans, je me suis juré qu'avant mes 30 ans je verrais un film que j'aurais réalisé être distribué dans un des cinémas de Clermont-Ferrand où j'ai l'habitude d'aller depuis que je suis petit. J'ai bientôt 27 ans et un bac littéraire option mathématiques qui me permet d'affirmer qu'il me reste à peine trois ans pour y arriver. Trois ans c'est très peu mais c'est également énorme quand on y pense. Il y a trois semaines j'étais moyennement enthousiaste vis à vis des mois à venir que j'imaginais morne, et me voici parti pour le Japon pour y co-réaliser un film que j'aurais écrit. Alors bien sûr il va falloir faire beaucoup d'efforts et ne pas perdre trop de temps, mais c'est réalisable.

  A propos du film, le projet a bien avancé. J'ai écris le gros de l'histoire, j'ai un titre, on a déjà décidé des acteurs principaux... D'ici que le tournage commence (début Mars à priori) j'aurais largement temps de réécrire le scénario deux ou trois fois pour le parfaire le plus possible. Tandis que je l'écrirais à Tôkyô, Hiroshi Toda se chargera certainement de rechercher les lieux à Kyôto ou/et à Fukui. Cela a l'air simple comme ça, mais à mon avis ce qui va être dur est la barrière de la langue. Todasan ne parle ni français ni anglais, et moi je baragouine le japonais... Heureusement une des actrices parle français et anglais, et le producteur parle anglais, donc en faisant un Gloubi Boulga de ces trois langues on devrait parvenir à se comprendre. Au pire il reste le mime pour lequel je suis très doué (voir Le nouveau Marceau et ne pas trop m'en vouloir après : http://www.guillaumetauveron.com/download/mime_marceau.wmv). On a pas encore décidé des informations que l'on filtrera ou non, donc pour le moment je ne peux rien dire, mais au fil du tournage je vous ferais part de quelques infos et de quelques photos.
  Prochain article en direct du Japon

Par Guillaume Tauveron
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Mercredi 1 février 2006

  5h30. Le réveil sonne. Il peut toujours faire la malin avec ses bips superficiels car, enthousiasme mêlé de stress oblige, je suis déjà réveillé depuis belle lurette. Et quoi de mieux au saut du lit que de faire un peu de muscu ? J’attrape donc la plus grosse valise, celle de 30 kg, et m’amuse bien malgré moi à la descendre six étages plus bas, sans ascenseurs évidement. Je m’étais déjà amusé deux jours auparavant à les monter au sixième où habite l’amie qui nous logeait sur Paris, j’aurais bien du me douter que cela ne se serait pas arrêté là. Et puis il faut dire que c’est des étages qui ont de l’envergure. Chacun séparés par un escalier en colimaçon grimpant à pic, ils trônaient avec défiance et un certain amusement de voir mes lombaires s’effriter au fil des marches. Mais comme j’ai ma fierté je fais le gars qui ne souffre pas et passe devant leur pauvres numéros crasseux avec mépris. Le jeu enfin fini, faut que je remonte au sixième étage chercher la seconde valise, celle qui fait juste 22 kilos. Je monte au pas de course du tout, empoigne la valise et ma femme avec, dit au revoir à notre amie et c’est parti.

  Quelques vertèbres déplacées plus loin après avoir monté et descendu les valises au gré des escaliers du métro parisien qui doit être le paradis pour les handicapés masochistes, enfin l’aéroport Charles de Gaulle. Le nom me dit quelque chose… sans doute un ancien de la star ac’. Arrivés deux heures et demi avant l’embarcation et étant les premiers, je demande à ce que l’on soit placé dans l’avion sur le côté et surtout aux rares places où il n’y a que deux sièges au lieu de trois, nous offrant ainsi une plus grande tranquillité. Comme on est les premiers, pas de problèmes.

  Le premier vol qui nous emmène prendre notre correspondance à Rome est effectué par Air France. Je remarque que nous sommes trois côte à côte mais cela est normal puisque ce n’est qu’un petit avion faisant le transit entre Paris et Rome, et ma demande « capricieuse » ne prendra effet que sur le gros modèle qui nous emmènera de Rome à Tokyo.

  J’attends avec impatience le moment où l’avion va s’élancer. J’adore la sensation de cette poussée gigantesque qui nous cloue en arrière tout en nous propulsant en avant. C’est le même sentiment de puissance et de lâcher prise que celui ressenti durant un sprint, ou celui de tout lâcher subitement pour s’envoler au Japon pour y réaliser un film à peine à moitié écrit. L’envol ne me déçoit pas, fulgurant, m’assommant à moitié, me ravissant complètement.

  Des sentiments plus matérialistes m’assaillent soudain car cela fait tout de même 5 heures que je suis debout à faire le sketch de la valise, avec ou sans spectateurs, et je n’ai toujours rien avalé à part un demi pain au chocolat payé à un prix plus que malhonnête à la boulangerie de Paul de l’aéroport, et mon estomac crie FA MI NE, tout en se demandant ce que peut bien être cette dernière note. Mais nous sommes avec Air France et je ne doute pas de recevoir un bon petit dej à la française. Comme quoi la confiance aveugle en nos compatriotes nous aveugle. En guise de boisson une ridicule canette de 15cl de jus d’orange, affublé de deux pauvres gâteaux secs que ces charognards avaient du aller piquer dans la boite à gâteaux de mon arrière grand-mère maintenant décédée pour le meilleur de son entourage.

  J’aspire ce petit déjeuner et m’inquiète d’une amnésie passagère tant je n’ai aucun souvenir d’avoir ingurgité quoique ce soit, puis prend mon mal en patience en prenant des photos par le hublot avec une certaine admiration jalouse pour le paysage qui défile en-dessous de moi et découvrant que les Alpes c’est quand même vachement grand.

  Un atterrissage réussi plus loin, je tombe amoureux d’une sœur italienne borgne et décide d’immortaliser sa prestance digne du sœur Marie-Thérèse des Batignoles.

 

 

 

 

 

  A peine une heure d’attente avant de prendre l’autre avion, cette fois-ci de la compagnie Alitalia. En guise de place à deux sur une des rangées du bord au fond de l’avion comme stipulé ci-dessus, on se retrouve vers l’avant, en pleine rangée du milieu (adieu hublot de mes premiers émois aérotiques) avec un japonais bien portant comme voisin. A l’instar des nombreux oiseaux dont nous nous apprêtons à violer fièrement le territoire, de nombreux noms de leurs espèces volent à travers la cabine avant de s’écraser platement devant l’inutilité d’un tel envol. Mais la bonne et étonnante surprise est que l’avion est plus qu’au ¾ vide et finalement chaque passager possède 3 sièges pour lui seul, ce qui sera un grand avantage pour dormir. Notre voisin a même la bonne initiative d’aller se chercher fauteuil ailleurs et nous l’en remercions.

  Nouvelle poussée, nouvelle érection mentale, nouvelle attente du repas. Il y a le choix entre repas italien et repas japonais. On décide de prendre chacun un plat différent afin de partager. Quel que soit le choix effectué il aurait été difficile d’envier à l’autre son repas et il aurait été malpoli de le partager car comment donner à autrui ce que l’on ne veut pas soi même ? J’avais été habitué jusqu’ici à voler avec British Airways dont ont m’avait dit le plus grand mal de leur nourriture, alors que personnellement j’avais pris un pied ingénue à manger leurs maigres plateaux-repas, et m’attendait donc à un bon repas de la part d’Alitalia. En cas de doute sur les définitions des mots insipides et étonnamment mauvais il serait utile d’avoir, à défaut d’un dictionnaire, un plateau repas Alitalia dont la justesse de la définition sans aucune parole pourraient s’avérer du plus poétique. En attendant, mon poil commençait à se hérisser. Trois verres de vin le lissèrent à rebrousse-poil et je décidais de finir de déconnecter mon cerveau définitivement avec un film. Vu le choix de films, pas vraiment de choix, et ce fut Cindarella Man de Ron Howard qui fut doublement le grand gagnant.

  Je vous passe le détail sur le reste, et sur le plateau repas du petit déjeuner dont il resta beaucoup de restes également, pour me contenter de vous expliquer un petit détail administratif. Il en va peut-être de même pour tous les autres pays, mais comme je n’ai voyagé jusqu’ici que dans deux pays : le Japon et la Suisse (si, si, c’est un pays !) je n’en sais pas plus. Toujours est-il qu’il faut pour tout étranger remplir un tout petit formulaire présentant son identité et le but de sa visite. Comme tout truc administratif c’est chiant mais il faut le faire. Le plus amusant reste tout de même le moment où l’on arrive au service de l’immigration et que l’on vous dit que le formulaire est trop vieux et qu’il vous faut en remplir un autre qui est en tout point pareil si ce n’est un centimètre de marge en moins. Je perds donc dix minutes à recopier ce pour quoi j’avais déjà perdu dix minutes dans l’avion, et je peux enfin aller récupérer mes valises et entrer véritablement au Japon.

  Comme cela me manquait, je recommence le sketch de la valise, enfin des valises, me tape trois heures de train et de métro pour enfin arriver au Home Sweet Home de mes beaux-parents. Il est 13h45 au Japon, soit 5h45 en France. Après vingt-quatre heures de voyage anti-gastronomiques les Dieux japonais me récompensent par une plâtrée comme on en fait plus de curry japonais. Et tandis que je déguste ce plat, la fatigue et l’énervement redescendent enfin, je pense aux combinis, aux sushis, aux jolies japonaises et à leurs tenues vestimentaires singulières, à la douce clarté du soleil passé midi, aux petits ruelles aussi étroites qu’illuminées par les néons des restaurants qui s’entassent sur plus de dix étages, aux croissement des corbeaux… Ça y est. Je suis enfin rentré chez moi.

Par Guillaume Tauveron
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Mardi 7 février 2006

  Et deux p’tits pas de plus si jamais… A défaut d’être des pas de géant comme le chante si magnifiquement Mano Solo, cela reste une avancée certaine. Je pense que le plus dur pour se lancer dans ce métier est la patience qui se doit d’aller de paire avec la foi dans la réussite. Je vois déjà à quel point c’est difficile de faire mon bout de chemin alors que je me force à ne pas baisser les bras ni à dévier de ma route. Je comprends que beaucoup finissent par quitter le bateau en route pour naviguer dans d’autres directions ou pour se laisser couler. Car même si j’ai beau avancer sans changer de cap, c’est peut-être vers les chutes du Niagara que je me dirige naïvement et j’y plongerais plutôt que de faire demi-tour car comment savoir ce qu’il y a après si ce n’est s’y jeter tête en avant ?

   Quittons là ce romantisme exacerbé d’un autre temps pour parler des petits pas. Le premier remonte à une semaine. La veille de mon départ au Japon je m’étais rendu à une antenne de NHK en France pour parler de mon projet de documentaire sur le Japon. Pour ce qui est d’établir une co-production franco-japonaise cela semble bien parti car le sujet les intéresse. Il reste encore à se mettre d’accord sur le format. Car la télévision japonaise exige du HD (Haute Définition) et il n’en est peut-être pas de même en France. Je n’ai pas encore eut le temps d’en parler avec mon producteur en France mais s’il est d’accord, on pourra se lancer vers une co-production. Après faudra trouver la caméra HD mais chaque chose en son temps. Mais le second point intéressant est que NHK va diffuser chaque semaine à partir du moins d’Avril à la télévision japonaise, un court documentaire de 20 minutes concernant l’Europe. J’attends donc de recevoir le dossier concernant les modalités de ce type de documentaire, et je compte leur proposer plusieurs sujets selon moi très intéressants car inconnus ou méconnus des japonais. C’est exactement ce que je souhaitais faire et ce pourquoi j’avais contacté NHK en France. J’avais pensé réaliser un documentaire de 52 min sur la France pour le Japon, pour traiter des aspects que les japonais ne connaissent pas de la France ou croient connaître mais cela aurait été un peu fourre-tout. Alors que le format 20 minutes pour traiter d’un sujet en particulier s’avère particulièrement adéquate. En cas d’acceptation de mon (mes) projet(s), ce dont je ne doute pas, ils me prêteront matériel et équipe et m’engageront comme réalisateur selon le nombre d’heures. Donc cette rencontre a été doublement utile même si à l’heure actuelle elle n’a mené encore à aucune signature.

 

 

    Le second pas a été amorcé il y a deux semaines lorsque j’ai envoyé mes deux très courts : Ne nous marrons pas… et Le nouveau Marceau à l’émission « Les films faits à la maison » sur canal +, mais je n’ai fini de poser le pied qu’hier soir lorsque j’ai reçu un mail me demandant de renvoyer l’autorisation de diffusion de Ne nous marrons pas… qui a été sélectionné. Ce sera la première fois, qu’une de mes œuvres, aussi bête soit-elle, sera diffusé à la télé et cela fait tout de même plaisir. 
  Quant au film que je m’apprête à tourner, le casting est presque complet. Il ne nous manque que l’actrice principale, mais on a encore un mois devant nous donc pas de problème.

Par Guillaume Tauveron
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