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Chroniques de films

Mercredi 10 mai 2006

  De nombreuses chroniques de films en tous genres et pour tous les genres sont disponibles sur mon site.
  Vous pouvez y avoir accès en allant ICI.

Par Guillaume Tauveron
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Vendredi 16 juin 2006

  Lorsque l’on souhaite écrire un film s’inscrivant dans un genre particulier, il est conseillé par mon ami McKee (Docteur es Scénario dont le livre Story se doit d’être une bible pour tout scénariste) de regarder le plus de films de ce genre afin de voir ce qui a déjà été fait, comment cela a été fait, quels sont les règles du genre… Cela n’est évidemment pas fait pour copier mais pour justement ne pas répéter, voir ce qui marche et ne marche pas, voire dans quelle direction s’oriente généralement le film et de quelle façon… Et une fois tout cela analysé, il faut se lancer avec son propre style. Connaître les règles du genre permet de mieux les détourner ou de partir en sens inverse sans partir n’importe comment. Et il aussi important dans cette analyse de voir les bons films comme les navets, car on apprend beaucoup de ces derniers en voyant comment une bonne idée sur le papier peut s’avérer ridicule à l’écran.

  J’ai donc tout parcouru le net à la recherche d’infos sur les films de boxe principaux existants, puis j’ai cassé la tirelire que je n’ai pas pour acheter et voir la liste de films essentiels (Rocky, Raging Bull, Million dollar baby, Ali, Kids return…) et moins essentiels (Casablanca driver, Rocky III et IV…) que je me suis constitué. En tout j’ai visionné 15 films (dont un documentaire When we were kings).

  Le point commun à beaucoup de ces films est l’aspect cohésif à petite ou moindre échelle. Que ce soit dans De l’ombre à la lumière, dans Rocky et même dans Casablanca Driver où les boxeurs voient le peuple s’identifier à eux et les porter ; dans Rocky IV pour unifier Russes et Américains ou dans The boxer pour unifier Catholiques et Protestants ; dans Ali et When we were kings (qui représentent la même histoire) où un pays entier, le Zaïre, met sa foi de reconnaissance en Mohammed Ali. La volonté et l’inflexibilité d’un seul parvient à rassembler des foules et à les unifier parce que les gens ont besoin d’exemples extraordinaires pour mieux vivre leurs vies ordinaires. Et il ne s’agit pas là que de cinéma puisque Mohammed Ali et James J.Braddock ont réellement existé et crée de tels engouement. Jake la Motta (personnage incarné par De Niro dans Raging Bull) a aussi réellement existé, mais ses excès de violence et son égocentrisme l’ont sans doute empêché de devenir un héros du peuple.

  Autre point commun, plus évident, est celui du dépassement de soi. La plupart des personnages ont une revanche à prendre sur eux-mêmes ou sur la vie (souvent les deux), mais rarement avec un adversaire concret (hormis dans Rocky IV où le méchant Ruskoff a rétamé la tête d’Apollo et le sang appelle le sang…). Ils boxent avant tout pour conquérir (ou reconquérir) leur honneur, et forcément plus ils partent de bas, et plus grande est leur rage d’obtenir une reconnaissance (Million dollar baby, Rocky, Ali, Raging bull), une meilleure vie pour leur famille (De l’ombre à la lumière) ou pour eux-mêmes (Les adversaires). Parfois le sens premier en est détourné. Dans Tokyo fist de Tsukamoto, la boxe est avant tout un moyen de blesser et heurter la chair afin de réveiller l’esprit endormi et abruti par les villes aseptisés, mais le personnage de ce film qui pratique sur elle-même des piercings de plus en plus incroyables parvient finalement à un nouveau stade de conscience au même titre que les deux boxeurs. Et dans Kids return de Kitano, la boxe est là pour montrer le manque de volonté des jeunes japonais. Mais malgré toute leur bonne volonté certains personnages apprendront à leurs dépends qu’il y a des limites qu’ils ne peuvent pas dépasser (je ne dis rien pour ne pas divulguer la fin de certains films). Mais qu’un boxeur (ou une boxeuse) perde ou gagne, là n’est pas l’important tant qu’ils ont tout donné et même au-delà.

  Mais tous ces films sont avant tout de grandes aventures humaines d’un personnage allant face à son destin quel qu’en soit le prix et refusant de se laisser abattre. Même Casablanca Driver a son destin à accomplir et il y fonce tête baissée (c’est d’ailleurs pour ça que le film est drôle). Les adversaires cassent la règle, puisqu’il y a deux boxeurs principaux au lieu d’un seul, et que le destin de l’un ne peut s’accomplir que par la défaite de l’autre, et préfère jouer la carte du budy-movie plutôt que celui de l’épique. Et si la plupart des films s’arrêtent au moment de la réalisation du destin (quel qu’il soit) seul Raging Bull s’intéresse à ce qu’il y a ensuite et montre la lente déchéance après avoir atteint le top. Rocky aussi à sa façon, mais c’est différent puisqu’il s’agit d’une suite de films et où le personnage perd de plus en plus de son statut d’être humain pour devenir un héros irréel.

  Voici donc un petit gloubi-boulga de ce que j’ai pu trouver dans ces films en attendant que d’autres idées me viennent. Pour plus de détails sur chacun des ces films voici les 15 chroniques :

Ali

Les adversaires

Casablanca Driver

De l'ombre à la lumière

Kids return

Million dollar baby

Raging Bull

Rocky I, II, III, IV, V,

The boxer

Tôkyô fist

When we were kings

   Cette liste n’est évidemment pas exhaustive et si vous avez d’autres titres de films sur la boxe à me conseiller n’hésitez pas à m’en faire part.

Par Guillaume Tauveron
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Samedi 14 avril 2007

  Une fois n’est pas coutume, cet article ne sera pas sur moi, mais sur mon ami Hiroshi Toda, dont je viens de visionner le dernier film, Sky in December, et que je mettrais sur le haut de la pile de ses œuvres.

  Alors que je craignais que le Toda s’enlise un peu dans un style et une façon de faire un peu systématique, il est parvenu à me surprendre avec ce nouveau film. Bien sûr on y retrouve toujours les mêmes gueules que dans ses autres films, Shoji Yamada en tête dont c’est le sixième film avec Toda, mais Toshiro Mifune a bien participé à plus d’une quinzaine de films de l’empereur Kurosawa et l’on pouvait retrouver ci et là toujours les mêmes acteurs de films en films.

  De tous les films de Toda, celui-ci est le plus abordable, celui qui aura la possibilité de toucher un plus large public que ses autres films qui privilégiaient la mise en scène au détriment des personnages et du scénario. Mais ici même si le scénario est simple et ne présente que différents personnages gravitant autour d’un diseur de bonne aventure et à qui il n’arrive rien d’extraordinaire, l’histoire ne nous mène jamais là où l’on pense qu’elle va nous mener, et ces revirements se font simplement et avec justesse. Quant aux personnages, c’est la première fois qu’ils s’avèrent relativement attachants et humains, car souvent dans les précédents films de Toda, ce que l’on pouvait reprocher était un côté trop froid et artificiel.

  Avec ces vies qui se croisent autour d’un personnage principal, le film me fait penser à Smoke de Wayne Wang avec Harvey Keitel, et qui avait d’ailleurs eut une sorte de suite : Brooklin Boogie. Trouvant l’idée vraiment sympathique, je me suis permis de conseiller à Toda de faire un second film en ne gardant que le personnage du diseur de bonne aventure et en le remettant avec d’autres personnages pour une nouvelle histoire. Je ne sais pas ce qu’il en fera…

  Le film nécessite malgré tout deux ou trois petites modifications selon moi lors d’une scène particulièrement novatrice dans un film de Toda où un ancien groupe de musique se retrouve et se fait un bœuf façon rock. Car un des acteurs principal, Shinichi Okayama, n’a jamais touché de guitare de sa vie et cela se voit trop. Et certaines images manquent de contraste, donc un petit peu de travail de post-prod serait nécessaire. En tout cas le film n’est pas loin d’avoir une véritable valeur commerciale, dans le sens où il pourrait se vendre.

  Et d’ailleurs un distributeur américain serait apparemment intéressé pour le distribuer, et le film a été sélectionné, ainsi qu’un second film de Toda : Spring in a park, pour le festival international de films indépendant de New York, et chaque film se verra projeté durant une semaine entière à New York au mois de Septembre. J’avais d’ailleurs voulut moi aussi inscrire Tout ce qui conte à ce festival, mais comme cela nécessitait 400$, je suis allé pleurer chez ma mère.

  Quoi qu’il en soit, le film de Toda va accompagner mes prochains envois de Tout ce qui conte dans les festivals francophone, et ce sera à que le meilleur gagne. En attendant je continue sa promotion, affiche et website, et vais chercher à mon tour un distributeur en France car le film en vaut le coup.

Par Guillaume Tauveron
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Jeudi 19 avril 2007

  « Spartiates, ce soir nous dînons en enfer ! ».

  Ça y est j’ai enfin vu 300. Je m’étais résolu à ne pas pouvoir aller le voir, mais ma récente idée d’un personnage lié à l’influence de ce film m’a donc poussé à trouver une excuse pour aller le voir afin de trouver des traits d’humour (terme que je préfère à gags) pour mon film et le personnage de Benjamin.

  Alors qu’en est-il de 300 ? Tout d’abord arrêtons toute polémique concernant le message du film car il n’y a pas de message. Il s’agit juste d’un grand spectacle basé sur des faits réels et extrêmement déformés pour le bien de la légende. Ceux qui y ont vu un discours raciste sur la suprématie de l’homme blanc n’ont qu’à aller se masturber les neurones ailleurs car ici les neurones n’ont pas vraiment leur place. Et à ceux-ci je répondrais que la supériorité de l’homme blanc a depuis longtemps été prouvée et avérée, et que les gênes du mal dans les peaux de couleurs sont une réalité génétique et ce sont deux faits que Sarkozy et Bush comptent intégrer aux constitutions de la France et des Etats-Unis pour le bien de tous. Quel sentiment de douce sérénité m'étreint en voyant le retour d'un obscurantisme d'acier planer un peu trop près de nos têtes ! Donc il faut non seulement savoit chasser sans son chien, mais surtout savoir chasser ceux qui ont vraiment l'esprit enchiassé et ne pas se tromper de cibles.
 
 
Comme il ne s’agit que d’un spectacle qu’en est-il ? Et bien il est assez impressionnant et prouve plus que jamais que nous sommes à l’ère des hommes en slip. Car ces 300 gaillards vêtus d’un simple slip et d’une cape qui pourraient s’avérer ridicules, se montrent d’un charisme qui fait se murer les lèvres. Il faut dire que les 4 mois de préparation physique précédent le tournage y sont pour beaucoup. La mise en scène est résolument moderne, inventive, beaucoup inspirée des jeux de vidéo, mais je trouve qu’elle sert parfaitement son histoire et n’est qu’un brin exagérée. On regrettera peut-être un peu trop de ralentis, mais apparemment c’est dans l’ère du temps des spartiates.

  C’est un film fait pour être vu sur grand écran avec des enceintes qui vous décollent tympans et rétines. Vous me direz des films à grand spectacle il y en a des dizaines, et c’est un genre facile. Je ne jugerais pas ce genre. Mais en tout cas 300 est largement sur le haut de la pile car c’est du bon spectacle, léché, travaillé et souvent d'une beauté esthétique à couper le souffle avec un vrai soucis du détail, et qui mérite le respect qui se doit pour son aspect précurseur qui fera forcément date dans l’histoire du cinéma et va influencer nombre de réalisateurs. Bon moi aussi, mais c’est dans un tout autre registre que je vais m’en inspirer puisque 300 va juste me servir à justifier une nouvelle fois des hommes en slip. Comme quoi difficile de s’en passer.

  Sinon depuis hier soir est diffusé sur La télé libre le pilote une émission de courts-métrages où a été présenté Katremille Cinsenvintedeu parmi d’autres courts, et vous pouvez voir ça ICI.
  Allez un dernier pour la route :

Par Guillaume Tauveron
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Jeudi 26 avril 2007

  Comme en ce moment je passe une bonne partie de mes nuits à veiller et à biberonner mes deux charmantes bestioles, du coup je me mange plein de films et rattrape mon retard accumulé depuis près d'un an que j'ai passé presque exclusivement à travailler sur Tout ce qui conte et n'ai, par conséquent, pas eut l'occasion de voir beaucoup de films qui pourtant me donnaient envie.

  C’est donc ainsi que je ne découvre que maintenant V pour Vendetta. Je suis vraiment en retard vous dîtes vous ? Pas si sûr quand on voit comme le sujet colle à notre actualité, puisque le film se passe dans une société fascisante construite par un parti, et son meneur, qui sont parvenu à persuader leur pays qu’il était en insécurité, en inséminant la peur dans l’esprit des gens, qui sont rapidement enclins à paniquer il faut l'avouer, et en se montrant comme unique solution à cette peur qu’il a lui-même aidé à faire monter. Ça ne vous dit rien ? En tout cas ça risque de bientôt vous rappeler quelque chose...

  Toujours est-il que le film est une des meilleures surprises de ces dernières années. Pourtant la bande-annonce ne m’avait fait ni chaud ni froid, car je m’attendais à une énième resucée à la Matrix (en plus les frères Wachovski sont au scénaio et à la production de ce film) avec multiples ralentis et bastons invraisemblables à gogo. Mais au bout du compte, les scènes d’action proprement dîtes sont vraiment peu nombreuses, et la mise en scène et très « sobre » dans le bon sens du terme, et ne se permet que quelques effets de style à de rares moments qui viennent parfaitement servir l'oeuvre, car c'en est une. 

(Natalie Portman s'est moquée des talonettes de Sarkozy)

  C’est un film d’action mature et intelligent qui en plus propose un anti-héros sur les manières duquel il y a beaucoup à critiquer. On ne peut pas conclure qu’il agit vraiment en justicier et que ce qu’il fait est bien, mais on ne peut pas conclure non plus que ce qu’il fait est mauvais. Il est présenté en incarnation des temps difficiles : froid, cruel, mais nécessaire et portant tout de même un cœur loin au fond de lui. 
  Le film met un grand coup de pied dans la fourmilière des films politiquement corrects, ainsi que des films à pseudo sensations gratuites et se place finalement plus du côté des films intimistes que des films d’action avec des jolies moments poétiques, mais aussi critiques et politiques. 
  Donc comme il est assez rare que la grosse machine hollywoodienne ose sortir des films qui ait à la fois des couilles et du cœur, il est bon de le signaler et d’encourager ces films d’auteurs et de genres. Voilà c’est dit.

 

 

Par Guillaume Tauveron
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Samedi 28 avril 2007

  Aujourd'hui j'ai enfin fait ce que je devais faire depuis longtemps. Non je n'ai pas pris rendez-vous avec un psy, mais j'ai gravé sur DVD tous les rushs des différents contes ainsi que les montages. S'il y avait eu un quelconque court-circuit ou un orage qui m'avait grillé le disque dur où étaient tous ces précieux fichiers, c'est en asile psychiatrique que j'aurais du aller car j'aurais perdu des mois de boulots. Pourquoi ais-je attendu jusqu'ici pour faire ces sauvegardes précieuses, c'est un mystère, mais toujours est-il que c'est enfin fait et que j'ai enfin une copie de mon travail en dehors de tous risques électriques. 
  Sinon, comme j'aime bien avoir une vision globale d'une oeuvre, j'ai vu aujourd'hui La Bataille des Thermopyles (à ne pas confondre avec La bataille des thermophiles contant une histoire dans des bains gays), en anglais The 300 Spartans, qui avait inspiré Frank Miller pour son comics 300, d'où a découlé le film. Ce film datant de 1962 a tout du péplum classique et il n'est pas forcément difficile à digérer tant ses musiques, que ses acteurs et personnages, et que ses images sont convenues. Mais sans doute le film est il trop loin de notre ère moderne pour que je puisse le juger. Mais quand même de nombreux éléments sont risibles comme les figurants attendant presque en sifflotant qu'une fleche leur arrive dans les bras avant de mourir de façon cabotine, la nuée de lances balancées n'importe comment et avec plus de chances de tomber lamentablement sur l'ennemi plutôt que de le transpercer, sans parler de bizareries scénaristiques.
  Pourtant on peut remarquer que le film 300 a suivi en très gros le squelette de ce film dont il est finalement le remake par comics intermédiaire. On y retrouve même une réplique et sa répartie phare : "Nos flèches cacheront le soleil", "Alors nous combattrons à l'ombre" (ou quelque chose comme ça).
  Mais vous l'aurez compris, le plus gros défaut de ce film est que les Spartes n'étaient pas en slip mais portaient des armures. De qui se moque-t-on ?

Par Guillaume Tauveron
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Mercredi 2 mai 2007

  Comme la plupart des français qui sont réveillés, j’attendais avec une rare impatience le combat au sommet d’aujourd’hui entre ces deux titans, sans oublier avec en arrière-plan l’influence du troisième et du quatrième homme. Je parle évidemment de Spider-man contre Vénom sans oublier l’Homme-Sable et le fils du Bouffon Vert.

  Sans faire durer le suspens plus longtemps, Spider-man 3 est une réussite. Bien que le film dure 2h20 on ne voit pas le temps passer tant l’histoire est dense (à l’inverse de Superman Returns dont l’ennui n’avait d’égal que le budget du film). Même si certains personnages secondaires voient leurs rôle diminuer au profit des personnages principaux, le charme créé avec les deux autres films reste intact.

  Le film s’avère nettement plus sombre que les précédents. A l’inverse du second opus où tout partait en testicule (soyons poli) dans la vie de Peter Parker, ici tout semble baigner dans le bonheur. Spider-man est adulé, Peter Parker est aimé de son amour d’enfance et a du succès non pas dans ses affaires mais dans ses études, à tel point qu’il en devient petit à petit arrogant et trop fixé sur sa propre personne. Le réveil va être d’autant plus difficile qu’à son ego montant va s’ajouter un vif de désir de vengeance et dont une sorte de matière extra-terrestre va se repaître tout en augmentant à la fois les pouvoirs et le côté obscur de Peter qui s’avère ici finalement plus méchant et plus insensible que deux de ses adversaires.

  Le ton est sombre, certes, mais pourtant presque poétique parfois. Le merveilleux plan séquence qui voit la naissance de l’Homme-Sable est à la fois d’une finesse et d’une virtuosité impressionnante qui rendent ce moment aussi intense qu’émouvant. Et malgré le drame générale, Sam Raimi parvient à glisser deux ou trois moments comiques qui remémorent les meilleurs moments du second opus.
  Quant à l'action, il n'y a pas de quoi se plaindre. Elle est à la fois parfaitement servie par la réalisation et par les effets spéciaux, et surtout elle est suffisament présente tout en évitant d'empiéter sur le scénario et les personnages. Et enfin le film offre de bonnes surprises.

  Bon mais c’est bien beau tout ça, mais qu’est-ce qui ne va pas dans ce film ? Où allons pouvoir nous repaître par jalousie de vilaines critiques ?

  Un des éléments qui m’a le plus surpris est une sorte de black out suivant la transformation de Spider-man avec son costume noir et de différents éléments posés là comme des merdes sans comprendre comment on en était arrivé là. M’est d’avis que pour ne pas faire durer le film plus longtemps, certaines scènes ont du être sacrifiées au montage et il ne reste plus à espérer qu’une version longue sera éditée en DVD. Même problème concernant Venom à qui il semble manquer une ou deux scènes.

  Danny Elfman n’a pas composé la musique de ce troisième opus, et certains passages s’en ressentent car la musique ne semble pas à la hauteur de l’intensité de l’action. Une musique sur un ton décalé peut-être intéressante, mais là il ne s’agit que d’un manque d’envergure.

   Et enfin le « pardon » qui est le thème principal du film est peut-être un peu trop rabâché et sans doute cela aurait pu être fait plus subtilement à la fin. Mais bon, c’est vraiment histoire de chercher la merde. Le film est une réussite et achève la trilogie parfaitement. Sans que cela révèle quoi que ce soit sur l’issue du film, j’ai trouvé très intelligent d’achever le film sur une image de Peter Parker, et non pas sur Spider-man, prouvant bien que le véritable héros de cette trilogie est l’humain derrière le masque et non le super-héros. Mieux encore, le film, et la trilogie, s’achève sur une scène d’une simplicité toute bête, presque déroutante mais finalement étant la plus intelligente et la plus logique vis-à-vis de ce qui avait été construit jusqu’ici.
  Une réussite de bout en bout.

  Quant on voit les lettres de noblesse que Sam Raimi a su donner au film de super-héros, on n’a plus qu’à espérer que la rumeur comme quoi il va réaliser Bilbo le hobbit soit vraie.

Par Guillaume Tauveron
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Dimanche 20 mai 2007

(Agrandissement au microscope d'un cerveau de scénariste à Hollywood)

  Aujourd’hui inauguration d’un nouveau thème. Les métiers honteux que j’aurais aimé faire. Et pour entamer cette nouvelle série voici : scénariste à hollywood.

  Chaque jour je passe un certain temps à faire du biberonnage ou du fairefairunrotage, ou du simple calinage. Pendant ce temps je me regarde des films mais que d’un seul œil et une seule oreille. Du coup je me suis arrangé pour me procurer des films simples à suivre et à comprendre, et aussi rattraper mes lacunes en blockbusters, en prenant des purs produits hollywoodiens dans le pire sens du terme.

  En quelques jours j’ai visionné Le jour d’après, Van Helsing, et La ligue des gentlemen extraordinaires, et j’ai remercié mes filles de me divertir durant le visionnage sinon je me serais bien ennuyé et je ne sais même pas si je serais allé jusqu’au bout (ce qui finalement n’aurait pas été un bien grand mal).

  Mais je n’ai pu m’empêcher de fantasmer et de rêver en voyant ces films et de m’imaginer l’espace d’un instant la conversation d’un Roland Emmerich et d’un gros producteur.

  - Ecoute Roland. Je viens de lire un scénario complètement abracabrandesteque sur la fin du monde qui arriverait subitement en quelques jours, avec un dénouement et des pseudos rebondissements cousus de fil de blanc dès les 10 premières minutes. Qui plus est les ficelles sont énormes, les personnages sans profondeur, et l’histoire prend vraiment le spectateur pour un con. Imagine rien qu’une scène :  « Un raz de marée géant déferle sur New York, une des héroïnes fuit se cacher dans une bibliothèque, car tout le monde le sait l’eau y est interdite d’entrée. Elle passe devant un taxi ou une femme cumule les tares d’être à la fois noire et française et ne peut pas en sortir à la fois à cause du carambolage géant et de l’eau partout dans les rues. Elle parle donc en français à un policier américain pour lui dire qu’elle ne peut pas sortir. Et le flic entrave que dalle. Bon tu vas me dire, c’est un peu gros, il devrait comprendre immédiatement qu’elle ne lui demande pas où se trouve le sex shop le plus proche, mais on choisira un acteur noir pour crédibiliser la stupidité. Donc pendant que le policier (noir précisons le à nouveau) joue à Rain Man, l’héroïne, qui elle parle français, accourt pour les aider et demande à la passagère quel est le problème et ô surprise elle lui dit qu’elle est coincée. Alors là elle traduit au flic qui casse la vitre arrière et fait sortir tout le monde. Ils se ruent vers la bibliothèque, mais là, la femme, qui est noire aussi reprécisons le, se rappelle soudain qu’elle a oublié son sac avec son passeport dans la voiture. C’est la fin du monde, elle doit être glacée jusqu’au sang par l’eau qu’il y a dans les rues, et un raz de marée va lui rappeler les priorités de la vie dans 2 minutes, mais comme elle est noire ça justifie la bêtise. Ok boy. Alors la l’héroïne, puisque c’est l’héroïne elle est aussi héroïque et se rue pour sauver le sac dont personne n’a rien à foutre… Et évidemment elle crèvera pas ».  Alors c’est pas génial ça Roland ? Et imagine que tout le film soit comme ça ! Alors avec un scénario aussi pitoyable, je me suis dit, avec Roland et son manque de finesse je suis assuré d’avoir des personnages sans caractères et d’une profondeur digne d’un George W. Bush, et pour les rares moments  intelligents du scénario, je ne m’inquiète pas, je me doute que tu t’arrangeras pour écrire quelque chose de beaucoup moins crédible. je te demande juste de garder la seule originalité du film avec le noir qui ne meurt pas à la fin, mais faudra lui mettre des lunettes pour qu'il fasse plus humain. Donc si t'es d'accord je vais te filer plus de 100 millions de dollars pour tourner ça….

  J'imagine aussi le scénariste de Van Helsing se demandant comment il pourrait à la fois ridiculiser et gacher à la fois  les mythes de Dracula, du loup-garou, de Frankenstein ainsi que la carrière de Hugh Kachman, tout en faisant semblant de créer une histoire faussement compliquée qui finalement s'avèrera d'une platitude absolue. Il faut dire que le casting du film entre un Dracula lopette et une héroïne aussi expressive qu'un rouleau de PQ aura su rendre hommage au vide et l'ineptie du scénario.

  Magnifique que le travail de scénariste à Hollywood. Plus vos histoires sont fadasses, vos personnages niais, vos histoires cousus de fil blanc, vos rebondissements sans queue ni tête ou téléphonés, et plus vous balancez n’importe quelle extravagance comme un homme-poulpe sorti de la 9è dimension pour sauver le monde d’une invasion de dauphins carnivores venus du cosmos et plus vous vendrez votre scénario cher. Et si vraiment vous avez pas d'idée, il suffit de faire un remake d'un vieux film, d'une vieille série, d'un dessin-animé, ou piller des BD, toujours en faisant bien attention de salir et gâcher (à de rares exceptions près) le produit original.

  Alors des fois je me demande pourquoi je bride mon imagination, cherche à rendre mes personnages humains, mes histoires cohérentes et tenter de surprendre encore et toujours au cours du film, pour ne toucher finalement que le fond vide de mes poches, alors qu’en filant un stylo à un gamin de 12 ans et en refilant ce qu’il a écrit à Hollywood je pourrais tâter des liasses par dizaines et de la blondasse siliconée.

Par Guillaume Tauveron
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